Liquidation Niko

à l’occasion de l’exposition au Centre des arts actuels Skol, en 1999

Nicolas Baier


Je me débarrasse de tout.

Tout va casser, tout va se briser, se décolorer, tout va se salir.

Les jours vont passer et la poussière va s’accumuler.

J’ai pris des photos de l’appartement et de l’atelier parce que, quand je pense à mon intimité, je vois une flore intestinale avec un plancher qu’il faut souvent laver, des meubles disjointés, entassés et juxtaposés, une multitude d’objets livides dont on a besoin, beaucoup de bois et d’outils entremêlés, un lit et des tapis roulés.

On se fait des projets qui vont nous sauver, qui vont nous ramener à la raison. On appelle les amis, on travaille comme des fous pour que ça marche, on en parle sans cesse, on tasse tout! Puis on se rend à l’évidence, nos projets sont obsolètes, on les retrouve par terre, salis, l’un appuyé sur le mur, d’autres dans de vieilles boîtes, le reste dans un replis du coin des choses qu’on a oublié.